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A la rencontre de Yoelle Maarek


recherche d’information en bord de mer
Publié le 01/04/2009, par Stéphanie Chaptal
   
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Directrice du centre d’ingénierie de Google à Haïfa (Israël), Yoelle Maarek a toujours été passionnée par la recherche d’information. Mais elle ne laisse pour autant pas sa vie professionnelle prendre le pas sur sa vie personnelle.

Comment êtes-vous venue à vous intéresser à la recherche d’information?

Cela fait vingt ans que je suis dans le métier. J’ai fait des études classiques en France aux Ponts et Chaussées et un DEA en informatique à Jussieu, avant de faire mon doctorat de 1985 à 1989 à moitié à l’université de Columbia à New-York et à moitié au Technion d’Haïfa. C’est là que j’ai commencé à me passionner pour la recherche d’information, bien avant le succès d’Internet.

Quand j’ai commencé à travailler dans le principal centre de recherche d’IBM, nous étions très peu à travailler dans ce domaine. Les besoins étaient très limités : des scientifiques, des médecins, des juristes, juste ceux qui devaient manipuler de grandes quantités de texte. Et puis le Web a explosé, avec de plus en plus de document.

C’est à ce moment que vous vous êtes rapproché de Google ?

Non, je suis d’abord partie pour IBM en Israël, au centre de recherche d’Haïfa, où je dirigeais une équipe de 70 personnes. Or dans la recherche d’information, nous sommes une petite communauté de chercheurs. En 2005, Google a voulu me recruter. Pour des raisons personnelles, je ne voulais pas quitter Israël pour m’installer à Mountain View (ndlr : en Californie du Nord, au siège de Google) ou Zurich. Au final, il a été décidé de monter un laboratoire de R&D Google, ici au parc technologique d’Haïfa, face à la mer. En trois ans, nous avons monté une équipe d’une quarantaine de personnes.

Sur quoi travaillez-vous ?

Nous nous sommes d’abord spécialisés sur Suggest (ndlr : l’outil permettant de compléter automatiquement les recherches tapées en fonction des recherches les plus fréquentes des internautes dans la même zone géographique). C’est notre produit phare dans la recherche d’information – l’un des rares qui a pu s’installer sur la page d’accueil de Google !. Nous l’améliorons sans cesse et le portons sur d’autres aspects : Suggest sur les pages personnalisées iGoogle, sur YouTube, Suggest Mobile.

Nous avons également développée les annotations vidéos dans YouTube pour rendre les films interactifs, ou nous avons permis l’ouverture des pièces jointes de gmail directement dans Google Docs. Nous travaillons actuellement sur d’autres applications comme des réseaux sociaux, et nous écoutons les réactions des utilisateurs pour penser à de nouveaux services.

Après IBM, vous travaillez chez Google toujours en Israël. Ce pays a une forte culture hi-tech ?

Oui. Historiquement Israël a été pionner dans l’agriculture, et la nouvelle révolution ici c’est l’IT. Il y a ici à Haïfa proportionnellement plus de start-up que dans la Silicon Valley, le Centrino Dual Core d’Intela été inventé ici, et IBM y a son plus grand centre de recherche. Et il y a d’excellentes relations entre les différentes compagnies.

Par exemple, Yahoo a ouvert ses bureaux dans le même immeuble que nous. Nous les avons aidé à déménagé et à poser leur enseigne sur le toit. En plus, c’est un pays où il est plus facile pour une femme de travailler dans la IT. C’est une société très familiale où il n’est pas mal vu d’être enceinte et d’avoir des enfants. Ainsi dans notre zone d’activité, il y a deux crèches.

C’est un pays où il y a une plus grande flexibilité au niveau des horaires et une très bonne connexion à Internet, donc il est plus facile de travailler de chez soi.

Cette diversité se retrouve dans votre équipe ?

Oui, nous avons la proportion de filles la plus élevée de Google Europe avec un peu plus de 10 % du personnel. Et on a non seulement des filles mais des parents. Nous sommes les premiers en Israël à faciliter la mixité vie professionnelle/ vie familiale. Ainsi nous avons doublé la durée du congé maternité (six mois au lieu des trois prévus par la loi israélienne) et du congé paternité (un mois). En plus, la loi prévoit que les deux congés ne sont pas cumulatifs et doivent être pris l’un après l’autre, chez Google, ils peuvent être cumulés.

Nous avons également une très grande flexibilité des horaires. C’est mon travail en tant que femme et directrice de ne pas agir en mec et d’aider mes salariées. J’ai une théorie à ce sujet. Je préfère embaucher une mère qui partira peut être plus tôt, mais se sentant coupable, sera plus productive et ne perdra pas son temps au café durant ses heures de présence en entreprise.



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