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Amy Wells remue le ciel et la terre du Limousin


Incitation technologique au tourisme
Publié le 22/09/2011, par Isabelle Boucq
   
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Portrait de la créatrice de Mon Parcours à Moi, ou comment trouver un parcours de visite idéal en fonction de ses intérêts et du temps dont on dispose.
« Enfin, rien ne doit vous étonner de moi : je suis Américaine. » Cette citation de Natalie Clifford Barney, une artiste américaine expatriée à Paris au début du 20e siècle, conclut tous les emails d’Amy Wells. Expatriée américaine à Limoges un siècle plus tard, cette littéraire est une créatrice d’entreprise passionnée de géographie. Elle nous raconte la naissance de Mon Parcours à Moi.



Comment es-tu arrivée à Limoges ?



En 2003, je suis venue à l’université de Limoges de mon université de Texas Tech dans le cadre d’un programme d’échange réciproque. Au bout de 10 mois, je voulais rester pour finir ma thèse ici. Mon thème était l’analyse de la géographie littéraire qui collait bien avec une unité de recherche à la fac qui s’appelle Espace Humain et Interaction Culturelle.


Qu’est-ce que c’est la géographie littéraire ?



On dit toujours que les expatriés américains à Paris dans les années 20-30 habitaient un Paris artistique, mais on n’a pas de preuves. L’écrivain américaine Gertrude Stein a écrit un livre qui s’appelle Paris, France et qui contient deux citations géographiques parisiennes. Dans son autre livre The Autobiography of Alice B. Toklas, on trouve 250 citations géographiques. Parfois, on ne sait pas si ce sont des endroits fictifs ou réels. On a créé un système d’information géographique (SIG), une base de données littéraire sur un corpus d’œuvres. J’ai utilisé le site de navigation Mappy pour repérer les endroits.


Quels ont été les fruits de ton travail ?



En 2008, j’ai fait ma soutenance de thèse à Limoges en faisant venir mes profs du Texas. C’était le soutien de cette équipe de recherche ici qui avait donné corps à mon projet. C’était normal. J’ai maintenant un doctorat de l’université de Limoges et un PhD de Texas Tech. Je communique dans des colloques sur la façon dont j’ai utilisé une base de données SIG. La géocritique est un terme inventé par Bertrand Westphal à Limoges dès 2001. C’est un sujet chaud en ce moment parce qu’il y a un mouvement parisien plus récent, la géographie littéraire, qui est plus ou moins la même chose. Mais avec le snobisme parisien…


Tu travailles en ce moment sur un projet qui s’appelle Mon Parcours à Moi. De quoi s’agit-il ?



Comme c’est un peu difficile d’obtenir la qualification pour postuler pour des postes à l’université, j’ai aussi cherché un plan B. Il y avait justement un programme appelé Nouveau Chapitre de Thèse qui cherchait à dégager les compétences acquises par les doctorants pour les transférer vers l’entreprise. Le programme concernait plutôt les sciences dures, mais mon premier diplôme aux Etats-Unis était un double diplôme français et affaires. J’ai compris comment mener une thèse demande les mêmes compétences que celles d’un « project manager ». Pendant ce programme, j’ai rencontré les gens de l’AVRUL (Agence pour la valorisation de la recherche universitaire du Limousin) qui a un incubateur et j’ai postulé avec mon projet qui est un parcours touristique basé sur une base de données géographique.



Où en est Mon Parcours à Moi ?



Nous utilisons une base de données existante créée par le Comité Régional de Tourisme du Limousin, mais qui n’est pas faite pour le grand public. Nous avons créé un widget, une application qui fonctionne sur le site d’un partenaire pour créer un parcours de visite idéal en fonction de ses intérêts et du temps dont on dispose. J’ai travaillé avec trois stagiaires aux profils et aux études différentes. L’un d’eux est en train de devenir mon associé dans le projet qui est toujours en incubation. Nous avons déjà testé le widget lors de deux « bug parties » au technopôle ESTER à Limoges avec un public mixte (homme/femme, âges, niveau informatique différents, Français et étrangers). Nous sommes en train de traiter leurs commentaires en ligne pour les utiliser. Grâce à un partenariat avec l’IUT de Limoges, on travaille aussi sur une version pour smartphones.




Comment sera utilisé ton logiciel ?



L’idée est que le partenaire, public ou privé, paiera pour ce service qui sera gratuit pour les touristes ou les locaux qui veulent sortir. Ils recevront une suggestion de quatre activités à faire en prenant leur temps. On vient ici pour se détendre, pas pour faire la course. Ils pourront laisser des commentaires sur leurs parcours. Il y a bien sûr une pression pour inclure des activités qui remonteraient dans le parcours contre un paiement. Mais je suis hésitante, il faut que ce soit gagnant-gagnant. J’ai un objectif pédagogique pour mettre entre les mains des gens des infos concrètes sur la culture. Mais il faut aussi leur indiquer où dormir, où manger.



Et toi, depuis combien de temps es-tu utilisatrice de technologie ?



J’ai eu mon premier ordinateur à 8 ans en 1981. Mon père qui est devenu informaticien plus tard dans la vie pensait que c’était très important. C’est presque une seconde nature même si je ne suis pas informaticienne. En tant que prof, j’utilise couramment PowerPoint, des MP3, des jeux sur smartphones quand je sens que leur intérêt baisse. Pendant une période où Facebook était uniquement en anglais, je l’ai beaucoup utilisé pour communiquer avec mes étudiants. Les timides qui ne parlaient pas en cours communiquaient avec moi en anglais. Comme c’est beaucoup de temps, je le fais moins maintenant.


Alors heureuse en chef de projet à Limoges ?



A première vue, on ne pense pas qu’il y a beaucoup de technologie ici. Mais il y a le WIF, le Webdesign International Festival, tous les deux ans. Il y a un effort pour la fibre optique dans les zones rurales. En fait, être américaine est un atout parce que les Français sont plutôt hésitants pour vanter leur région. Mais moi, je ne suis pas d’ici. C’est mon choix de vivre ici parce que la région est géniale et je n’ai pas besoin d’être humble.

L’aventure de Mon Parcours à Moi sur le blog



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