Après l’iPod, l’iPad
tablette numérique attendue
Publié le 27/01/2010, par Isabelle Boucq
Steve Jobs est monté sur scène à San Francisco pour présenter un produit « magique et révolutionnaire ». Revivez l’événement minute par minute et les réactions des internautes live.Les fans d’Apple attendaient le 27 janvier comme les enfants attendent le 25 décembre. Depuis des mois, les rumeurs allaient bon train, alimentées par la formidable machine à marketing d’Apple. On attendait une tablette, un livre électronique, un nouveau produit qui allait révolutionner le monde numérique et revitaliser le monde des média, de l’édition et de l’éducation.Au Yerba Buena Gardens à San Francisco, la salle était comble. Mais ce n’était rien à côté de l’audience massée sur Twitter, Facebook et une multitude de sites diffusant en direct les impressions des journalistes dans la salle et les réactions immédiates de commentateurs en studio. Certainement un nouveau sommet dans la frénésie de réactions à chaud à l’annonce d’un produit.A 30 minutes du début de la conférence, la tension monte sur Twitter et sur les sites comme Engadget , CrunchGear ou encore Gizmondo. Les internautes se laissent aller à quelques excès : « Steve Jobs devrait être président » ou « Je ne sais pas ce que c’est, mais j’en veux un. » Les commentateurs se perdent en conjectures sur la taille, les fonctions, le prix. Chez CrunchGear, on ressent des montées d’adrénaline et on affirme que les produits d’Apple ont changé la manière dont nos synapses fonctionnent !Alors que je jongle entre tous ces sites en attendant le coup d’envoi, un courrier électronique tombe : « [Flash info Orange Vallée] Une tablette tactile pour tous, c’est déjà possible avec le Tabbee by Orange ». Jolie façon pour Orange et sa tablette de tirer la couverture à eux. 9h54. Le réseau Wi-Fi a des ratées dans la salle. Un enregistrement d’un concert de Bob Dylan fait patienter la foule. Histoire d’entretenir le mystère, les journalistes « embarqués » rappellent qu’ils ne sont censés prendre de photos et qu’Apple décourage le blogging en direct.10h00. Dans son costume traditionnel – jeans et pull à col roulé noir, Steve Jobs commence par chauffer son public en rappelant quelques chiffres : 250 millions d’iPod vendus, 284 magasins Apple dans le monde, plus de 140 000 applications dans l’AppStore et 3 milliards de téléchargements. Il autoproclame Apple « la plus grosse compagnie d’appareils mobiles au monde ».10h08. Il entre enfin dans le vif du sujet. Peut-on avoir un produit entre un téléphone et un ordinateur portable, un produit qui permette « de naviguer sur le web, envoyer des emails, partager des photos, visionner des vidéos, écouter de la musique, jouer à des jeux et lire des ebooks » ?10h10. C’est officiel. Apple vient de lancer l’iPad. Steve Jobs adore les démonstrations : « il est très fin », « la meilleure expérience web que vous ayez jamais eue », « iTunes est intégré », commente-t-il en montrant les fonctions de son nouveau produit qui ressemble à un gros iPod.(Commentaires sur Twitter. « On dirait le nom d’un produit d’hygiène féminine. Il faut que je m’y fasse. “Quand arrive-t-on à la partie où ce truc n’est pas seulement un plus gros iPhone ?”)(Commentaires d’un journaliste dans la salle : « Pour l’instant, tout ça est standard. Jobs est un allumeur. »)10h30. Steve Jobs lache quelques détails techniques sur le produit. Il pèse 680 grammes pour une épaisseur de 1,27 centimètre avec un écran LED rétro-éclairé de 24 centimètres. Il tourne sur un processeur de 1GHz d’Apple. Il sera vendu en trois capacités, 16 Go, 32 Go et 64 Go. L’iPad est censé être une machine « verte », sans mercure, arsenic ou PVC. Le constructeur annonce une autonomie de 10 heures, qui fait sourire les commentateurs. Ils s’impatientent car Jobs n’a pas encore révélé si la tablette était 3G pour permettre de surfer n’importe où.10h37. Jobs invite des développeurs sur scène pour montrer ce que l’iPad peut apporter aux jeux de Gameloft ou à la lecture du New York Times. C’est une partie obligée de cet exercice car aucune machine n’existe dans le vide sans contenu pour la faire vivre.(Commentaires d’un journaliste dans la salle : « Il ne dit pas si l’iPad est multitâche. Il entre et il sort des applications, rien ne fonctionne en même temps »).10h53. Jobs annonce maintenant iBooks et iBook Store, une application pour lire des livres et un magasin pour les acheter. Quelques partenaires ont déjà signé dont Penguin, Macmillan, Simon & Shuster et Hachette. L’espoir de Jobs, à peine voilé, est d’enterrer le lecteur d’Amazon, le Kindle.10h58. Jobs passe à iWork, la suite bureautique d’Apple pour gérer documents, tableaux et présentations. Chaque application sera vendue 10 dollars. Les commentateurs s’ennuient pendant la démo d’iWork et se demandent toujours combien coûtera l’iPad.11h18. L’attente touche à sa fin. Steve Jobs révèle le prix plancher, 499 dollars pour un modèle 16 Go sans 3G et jusqu’à 829 dollars pour un modèle 64 Go avec 3G. Il a beau jeu de dire que les experts qui annonçaient le produit à 1 000 dollars se sont trompés. Les iPad sans 3G seront disponibles dans le monde entier dans 60 jours et il faudra attendre 90 jours pour les modèles 3G. Bonne nouvelle pour le reste du monde, l’iPad sera débloqué. En juin, Apple annoncera ses partenariats 3G à l’international.11h21. Comme un représentant de commerce, Steve Jobs doit encore vendre quelques accessoires, une station d’accueil, un clavier, une sacoche.(Commentaires sur Twitter. « Il est plus sexy que le Kindle, mais c’est un produit de luxe ». « C’est la même chose que trois produits que j’ai déjà. »)(Commentaires d’un journaliste qui n’est pas dans la salle. « C’est un produit dont on a envie, pas besoin. Il peut remplacer l’ordinateur portable dans la cuisine ou le salon, mais ce n’est pas une grosse niche. »)11h32. Comme un métronome, après 90 minutes sur scène, Steve Jobs livre sa conclusion: « c’est une machine magique à un prix incroyable ». Il reste à voir si Apple a créé une tablette capable de convaincre les utilisateurs, une catégorie sur laquelle Microsoft s’est déjà cassé les dents. Dans la salle, les journalistes se lèvent et se dirigent vers la zone de démo où ils vont pouvoir être parmi les premiers à tenir un iPad entre leurs mains. Dans la blogosphère et la twittersphère, les commentaires explosent. L’événement à peine terminé, la page d’Apple est redessiné aux couleurs de l’iPad et une vidéo présente le petit dernier. 

