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Comment financer son projet sur Internet


Une option moderne et viable
Publié le 13/07/2012, par Isabelle Boucq
   
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C’est un peu la version branchée de faire la manche avec sa guitare. L’avantage est qu’on touche un public plus large qu’en s’adressant uniquement à ses proches. Se tourner vers Internet pour financer son projet – n’importe quel projet – est une option viable.
Un de mes groupes préférés avait besoin d’argent pour produire son nouvel album. The Good Luck Thrift Store Outfit s’est tourné vers Kickstarter pour demander 6 500 dollars à leurs amis et à leurs fans. Après avoir fait tourner leur demande sur leurs réseaux sociaux, ils ont vite engrangé cette somme et plus ! Avec près de 10 000 dollars promis en échange de divers bonus qui varient en fonction de la somme donnée, ils ont de quoi produire et sortir leur album sans souci.

Voici un panorama des sites qui, à l’instar de Kickstarter, peuvent vous aider à réaliser votre rêve. En anglais, on classe ces sites dans la catégorie du « crowdfunding », littéralement le financement par les foules. En français, on parle de financement participatif ou collectif.


Kickstarter aide les projets créatifs





Allez faire un tour sur Kickstarter et vous serez épatée par la variété des projets qui en appellent aux internautes. Le projet de Deren Guler consiste à envoyer des cerfs-volants munis de lumières LED dans le ciel de Pékin pour mesurer la pollution. Laura Ginn cherchait à financer une expo de ses photos dans une galerie new-yorkaise sur le thème du chasseur-cueilleur.

Le concept est de présenter son projet et les récompenses auxquelles auront droit les donateurs. Les dons peuvent commencer à un dollar, mais « le ciel est la limite » pour les donateurs plus fortunés. Il faut savoir que c’est « tout ou rien ». Si l’artiste n’atteint pas l’objectif, elle ne reçoit aucun argent ! Les cartes de crédit des internautes ne sont débitées que si le but est atteint. Depuis son lancement en avril 2009, Kickstarter affirme avoir aidé 24 000 projets à voir le jour. Deux autres chiffres impressionnants : 2 millions d’internautes ont donné 250 millions de dollars. Le site prélève 5% de la somme et Amazon qui gère les paiements se rémunère aussi de 3 à 5%. En plus des fonds, les artistes reçoivent un soutien « moral » pour leur projet. Le site a connu son lot de projets frauduleux, mais on préfère rester sur l’impression positive de milliers de projets aidés dont certains ont reçu des prix (deux films nominés aux Oscars) ou été exposés dans de grands musées.


Crowdrise cible les actions charitables





Chez Crowdise, on s’adresse à une foule différente, les bienfaiteurs de l’humanité. Les projets cherchent à sauver l’environnement, améliorer l’éducation, lutter contre les maladies ou aider les animaux. Tout le monde peut lancer une campagne (un « fundraiser ») et inviter ses amis à participer en postant sur les réseaux sociaux. Les dons attendus sont en général plus élevés que sur Kickstarter.

Le site a été lancé par l’acteur Edward Norton après qu’il ait utilisé avec succès les réseaux sociaux pour lever des fonds en faveur des Masaïs. « Au lieu de dire au monde que vous êtes en train de prendre votre petit déjeuner, vous pouvez utiliser le réseautage social pour faire quelque chose d’important », avait-il expliqué en lançant le site en 2010. Les donateurs les plus actifs gagnent des prix, une façon de leur donner une raison d’être généreux. Une autre plateforme ciblant la niche des campagnes charitables est Fundly qui accueille aussi des candidats politiques à la recherche de fonds pour leurs campagnes et a annoncé récemment avoir aidé à lever plus de 250 millions de dollars.


Ulule, le crowdfunding made in France





En France aussi, le crowfunding a ses sites. Lancé en 2010, Ulule est le site d’Alexandre Boucherot (fondateur de Fluctuat.net en 1998) et de Thomas Grange (créateur d’Ados.fr en 2000 à l’âge de 16 ans). Le site se spécialise dans « les projets ayant une finalité collective, publique ou artistique ». Deux cas de figures : si les contreparties offertes sont « symboliques », on parle de dons. Si, par contre, la valeur des contreparties est en rapport avec les sommes demandées comme dans le cas de préventes, il s’agit d’achats. Les porteurs de projets ont 90 jours pour atteindre leur objectif. S’ils n’y parviennent pas, ils ne touchent rien comme sur Kickstarter car on considère qu’ils ne pourraient mener le projet à bien dans de bonnes conditions.


Mutuzz utilise la prévente





Mutuzz permet aux projets numériques, artistiques et événementiels de se financer grâce au principe du préachat. Les internautes accèdent à la future production à des tarifs avantageux pour récompenser leur confiance. Là encore, il faut que l’objectif soit atteint pour que le projet décolle. Parmi les exemples en cours de financement en ce moment, une BD campée dans l’Egypte antique et un projet de théâtre musical qui se donnerait à Paris. Mutuzz est l’idée de deux profs d’économie de Pau et se veut un « révélateur de talents ». Alors, avis aux talents !


WiSEED finance les entreprises





WiSEED est une compagnie également basée dans le sud (Toulouse) qui s’adresse aux entrepreneurs plutôt qu’aux artistes et aux humanitaires. Elle se charge de détecter et de sélectionner des startups performantes, de les aider à obtenir des financements pour se lancer et de les accompagner. Les deux fondateurs, Thierry Merquiol et Nicolas Sérès, ont acquis de l’expérience en dirigeant et en animant l’Incubateur Midi-Pyrénées. La société est officiellement une société exerçant une activité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF). Pour une sélection de startups financées par WiSEED, voir ce graphe.



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