Elle marie humanitaire et réseaux sociaux
Lindsey Nefesh-Clarke lance la plateforme Women’s Worldwide Web pour aider les femmes
Publié le 20/05/2010, par Isabelle Boucq
Après une longue expérience dans plusieurs organisations caritatives, Lindsey Nefesh-Clarke lance Women’s Worldwide Web pour aider les femmes, au nord et au sud, à financer leurs projets.Le chemin qui a mené cette jeune femme anglaise à lancer Women’s Worldwide Web cette année fait le tour du monde. Eduquée à l’université de Cambridge, elle écrit un article pour Amnesty International qui sera un point de départ pour le reste de sa carrière. Avec un diplôme en langues, elle part à New York pour travailler dans une ONG avant de déménager au Cameroun où elle travaille comme journaliste. En Côte d’Ivoire, elle rejoint l’Unicef avec pour sujet de prédilection les filles et l’éducation. L’étape suivante est Enfants d’Asie, une ONG basée à Paris pour laquelle Lindsey gère depuis six ans des programmes humanitaires au Cambodge, au Vietnam ou encore aux Philippines. En 2007, elle coordonne les secours d’urgence dans un ghetto philippin après un incendie qui a fait plus de 3 000 sans abris. « Je voyais ces femmes qui étaient nées dans le ghetto. Pour s’en sortir, il fallait qu’elles puissent étudier », raconte Lindsey. « J’ai décidé de devenir plus efficace et d’étudier la microfinance. »C’est avec cet objectif en tête qu’elle reprend des études. L’été dernier, Lindsey a terminé un MBA à l’ESCP Europe tout en continuant son engagement auprès d’Enfants d’Asie. Dans le cadre de ses études, elle a développé le business plan de Women’s Worldwide Web. « L’idée est de donner du pouvoir aux femmes. La philanthropie en ligne marche bien. En créant un site qui combine la microfinance et les réseaux sociaux, on peut prêter ou donner à des organisations de terrain et aider des femmes à s’en sortir. »Microfinance et partage de connaissances
Définissons d’abord la microfinance. Il s’agit de « dispositifs permettant d’offrir des crédits de faible montant (« microcrédits ») à des familles pauvres pour les aider à conduire des activités productives ou génératrices de revenus leur permettant ainsi de développer leurs très petites entreprises ». La pratique remonte aux années 60 et 70 en Afrique et en Asie, mais ce secteur un peu particulier de la finance s’est aujourd’hui ouvert à d’autres publics exclus du système financier classique, y compris dans les pays développés. D’ailleurs Women’s Worldwide Web veut aider les femmes aussi bien dans l’hémisphère sud que dans l’hémisphère nord.Lindsey Nefesh-Clarke s’inspire ouvertement des concepts de Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix, qui a été le pionnier du business social, l’idée qu’on peut lier gains économiques et amélioration sociale. Pour sortir les femmes de la pauvreté et améliorer leur condition, la jeune humanitaire estime que la microfinance et l’éducation sont les deux outils les plus efficaces. Pour elle, Women’s Worldwide Web est une plateforme pour lever des fonds et permettre aux prêteurs de soutenir des initiatives locales.Mais elle croit aussi beaucoup aux dons non monétaires. Partager son expérience et ses connaissances, devenir un « coach » pour un projet peut être aussi important que de mettre de l’argent sur la table. Le site est ouvert, mais ne donne pas encore la liste des organisations avec lesquelles l’association collabore. Pour l’instant, il n’est pas encore possible de contribuer que ce soit avec de l’argent ou des conseils. Mais donnons un peu de temps à Lindsey qui mène deux jobs de front et vient de finir ses études. Elle vient aussi de remporter le prix MBA Student of the Year 2009, une distinction décernée par la MBA Association et le journal The Independent clairement impressionnés par son projet. D’ailleurs la jeune diplômée en profite pour promouvoir l’éducation : « Si vous voulez changer de carrière ou progresser, n’hésitez pas à reprendre des études. Dans mon MBA, j’ai été assez déçue qu’il n’y ait que 16% de femmes bien que l’école fasse maintenant plus pour attirer les femmes et que ce pourcentage ait déjà augmenté. »