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Jeux sociaux sur Facebook


Monnaies et biens virtuels pour profits bien réels
Publié le 25/02/2011, par Isabelle Boucq
   
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Quelques centiments pour jouer à un jeu sur Facebook, ce n’est pas grand-chose. Sauf lorsqu’on se prend au jeu, justement ! Au final, ces applications bien innocentes rapportent des millions !
Quelques centimes pour jouer à un jeu sur Facebook, ce n’est pas grand-chose. Sauf lorsqu’on se prend au jeu, justement ! Au final, ces applications bien innocentes rapportent des millions !




Avec Mafia Wars, FarmVille et plus récemment CityVille, le développeur de jeux Zynga a popularisé les échanges virtuels. Dans FarmVille, un jeu qui a dépassé les 60 millions d’adeptes sur Facebook, les joueurs plantent des récoltes et gèrent leur ferme. Il n’est pas absolument nécessaire d’acheter des biens, mais dépenser quelques centimes ici et là – ou plusieurs centaines de dollars pour les plus accros – rend l’expérience plus satisfaisante.


Le gros boum des jeux sociaux



Plus d’énergie pour des parties plus rapides, des animaux uniques, des engins originaux. Pour se distinguer, il faut payer. Une joueuse raconte comment on se laisse attraper par ces jeux en apparence simplistes (Suivre ce lien). C’est ce que les spécialistes du marketing appellent le « freemium », une combinaison de première expérience gratuite et de péages au sein du scénario du jeu. Mais les jeux sociaux aujourd’hui si populaires sur Facebook n’ont rien inventé. Bien avant eux, on échangeait des Linden dans Second Life et on achetait des armes dans World of Warcraft.




La grande différence est que ces nouveaux jeux touchent des publics beaucoup plus vastes et variés. Alors combien d’argent représente cette nouvelle génération de jeux ? Selon le cabinet Inside Network, le juteux marché américain devrait atteindre 2,1 milliards de dollars en 2011, une hausse de 40% par rapport au 1,6 milliard de dollars dépensés en 2010. L’étude révèle, sans grande surprise, que Facebook est le grand gagnant avec 835 millions de dollars de revenus générés par ses Crédits, la monnaie virtuelle du réseau social. D’autres études font état de 500 millions d’euros dépensés en Europe et même de 5 milliards de dollars en Asie.


Ces jeux sont une bonne affaire pour leurs éditeurs pour plusieurs raisons. Leur développement est peu coûteux, une fraction seulement d’un jeu traditionnel, car leur qualité graphique et leur sophistication restent basiques. Ils se propagent de façon virale, les joueurs embrigadant leurs amis, et atteignent rapidement plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs qui sont le plus souvent de nouveaux joueurs et joueuses. Même si on estime que seulement 2 à 4% des joueurs mettent la main au porte-monnaie, les sommes représentées sont énormes. Et si un jeu n’arrive pas à percer, il est vite abandonné.



Les Crédits de Facebook



La devise virtuelle de Facebook sert à acheter des biens virtuels dans les jeux ou applications présents sur le site. On les achète avec une carte de crédit, son compte PayPal ou via son téléphone mobile. Facebook encourage les développeurs à les utiliser dans leurs applications car la société récupère 30% des revenus ainsi générés. Si vous voulez en savoir plus sur les Crédits, voici la page dédiée . Facebook vient d’ailleurs d’annoncer que ses Crédits seraient dorénavant la seule monnaie virtuelle acceptée sur le site. Attendez-vous à en entendre parler de plus en plus si vous êtes sur le réseau car il y a des chances qu’ils deviennent une façon de payer pour d’autres services que des jeux.


Les grandes manœuvres des monnaies virtuelles ont commencé. Ce mois-ci, Visa a annoncé qu’il avait acheté PlaySpan, une plateforme que les éditeurs utilisent pour permettre le paiement en ligne pour acheter des crédits dans des jeux, des biens virtuels ou des abonnements à des contenus. De son côté, Google a racheté l’été dernier la société Jambool qui permet aux développeurs de créer leur propre monnaie pour leurs mondes virtuels. Deux acquisitions stratégiques dont les internautes ne s’apercevront pas directement.

Par contre, le service Digital Goods de PayPal est plus visible. La plateforme de paiement en ligne s’adapte ainsi aux petites transactions pour acheter des biens virtuels avec des frais moins élevés. Pour PayPal, acheter quelque chose avec Digital Goods est aussi facile que de déposer un euro dans un distributeur automatique.

A quoi ressembleront les monnaies virtuelles de demain? Verra-t-on une monnaie principale émerger ? Assistera-t-on à des agressions pour délester les internautes de leur porte-monnaie virtuel ? En tout cas, sachez que les biens et les monnaies virtuels sont une affaire de gros sous pour les Zynga et les Facebook de ce monde et gardez la tête froide.




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