Kasavox, un réseau pour l’univers de la maison
Rencontre avec Valé́rie Verrecchia-Allouard, l’une des fondateurs
Publié le 17/11/2011, par Isabelle Boucq
Depuis bientôt deux ans, ce réseau social spécialisé est un lieu de rencontre entre des particuliers amoureux de leur maison et des artisans dans tous les corps de métiers.
Si vous aimez le partage à la Facebook et si vous aimez votre maison, vous devriez adorer Kasavox , un site où tous les échanges tournent autour de l’univers de la construction, de la rénovation, de la décoration et du jardin avec une touche développement durable en prime. Echanges entre particuliers fiers de leurs réalisations ou à la recherche de solutions, mais aussi avec des artisans attirés par les outils du Web 2.0 pour recruter une nouvelle clientèle. Deux publics qui sont codifiés par couleurs sur le site : orange pour les particuliers, violet pour les pros.Derrière Kasavox, deux spécialistes de la communication et un ingénieur développeur. Laurence Boudaud, Valérie Verrecchia-Allouard et Khelil Ben Osman ne sont pas architectes, décorateurs ou bricoleurs, mais ils sont passionnés par la maison au sens large. Comme beaucoup d’entre nous. Bons points pour Kasavox, pas de publicité et pas de révolution dans les fonctions tous les quatre matins comme sur d’autres réseaux sociaux qu’on ne nommera pas. C’est rafraichissant. Rencontre avec Valé́rie Verrecchia-Allouard.Comment est né Kasavox ?

Avant Kasavox, il existait des sites à classer dans trois grandes catégories : les annuaires, les sites de devis et les sites éditoriaux ou blogs. Kasavox n’est pas un annuaire ou un site de devis. Le contenu est publié à 100% par les particuliers et les pros. Nous voulions mettre en place des outils pour les pros. C’est le principe du bouche à oreille, mais sur Internet. Nous avons commencé à recruter des pros autour de nous pour comprendre leurs attentes et entendre leurs remarques sur les services. Nous avons ensuite recruté plus d’artisans pour que la coquille ne soit pas vide à l’ouverture du site au grand public en janvier 2010.Qui sont ces pros qui sont sur Kasavox aujourd’hui ?
Ils représentent les cinq grands bassins français. A 40%, ce sont des artisans dans la construction et la rénovation, puis des décorateurs et des paysagistes. Nous leur proposons une vitrine professionnelle à travers un mini-site qui présente leur activité avec coordonnées, savoir-faire en quelques lignes, champ d’action, mais aussi photos et vidéos et fonctions de partage sur Facebook, Twitter et Kasavox. Comme le but est d’étendre leur réseau, leurs partenaires et leurs clients peuvent ajouter des recommandations. Au-delà de cette vitrine, ils peuvent créer des groupes de discussion, répondre à des questions et poster des conseils de pros. Nous aimerions que les pros publient au moins une fois par semaine dans les rubriques Conseils de pros, Astuces ou Coups de cœur. C’est possible dans les structures plus établies. Sinon c’est parfois la femme de l’artisan ou le petit jeune dans l’entreprise qui s’en occupe. Aujourd’hui, nous avons plus de 1 600 pros. Le service est facturé 240 euros HT par an avec des tarifs dégressifs sur 18 ou 24 mois. Est-ce que Kasavox aide ces artisans ?
Certains sont des déçus des sites de devis qui ont un taux de transformation quasi inexistant. Ce sont des machines à devis qui permettent aux particuliers de négocier avec leur propre artisan. Nous ne leur vendons pas de la mise en relation, nous ne promettons pas un certain nombre de devis. Avec Kasavox, ils communiquent sur un site dédié à l’univers de la maison. Dans certains cas, nous les amenons avec nous sur des salons auxquels ils ne participeraient pas seuls. Là, on étend à un réseau réel. Pour certains pros, nous sommes le premier générateur de trafic sur leur propre site. Nous faisons un peu d’autopromotion de nos pros avec des interviews pour les mettre en avant. Ils ont aussi une boite actu pour parler de promos.
Et les particuliers, que trouvent-ils sur votre site ?
Ce sont des personnes bien installées dans la vie. Ils ont en moyenne 35 à 60 ans, ont une maison à 60% et les 3/4 sont propriétaires. Nous avons un juste équilibre entre les hommes et les femmes. Dans la boite à questions et sur les groupes de discussion, il y a de vrais échanges construits et de qualité entre les pros et les particuliers. Nous avons mis en place de la modération mécanique et humaine, mais les échanges sont très cordiaux. Même quand le sujet est polémique comme les panneaux photovoltaïques, il n’y a pas de dérapage. Nous sommes organisés autour de quatre grandes thématiques qui font qu’à tout moment, on trouve une réponse : construction/rénovation, décoration/design/jardin et développement durable. Nous avons plus de 10 000 utilisateurs actifs sans compter ceux qui prennent des infos sans créer de profil. Dans ce cas, ils ne peuvent pas publier.Vous allez bientôt fêter les deux ans de Kasavox. Quel bilan faites-vous ?
Ce qui nous a agréablement surpris, c’est la qualité des contributions et la forte contribution des pros qui ont compris qu’il ne suffit pas d’avoir un site. Ils doivent aussi valoriser leur savoir-faire. Nous avons des retours de particuliers qui ont trouvé un, puis deux, puis trois prestataires grâce à Kasavox. Quant à nos objectifs, pas de mauvaise surprise.
Justement, racontez-nous l’ambiance dans votre start-up ?
C’est l’aventure de la start-up, le plaisir de voir naitre et grandir le bébé. Nous sommes multi-casquettes. En plus de nous trois, il y a un pôle technique en Alsace, deux créatifs à Paris et à Annecy, une personne qui s’occupe de la commercialisation et des partenariats. Nous sommes hébergés à Neuilly-sur-Seine dans un bureau au sein d’une autre entreprise. Nous avons cherché une pépinière d’entreprises, mais c’était trop cher. Nous sommes dans une logique de réseau. Par exemple, avec l’OpenCoffee de Paris tous les jeudis matins où on rencontre d’autres pros du Web ou avec Girlz in Web . Il y a forcément quelqu’un qui connaît quelqu’un. En deux ans, j’ai vu naitre un sentiment de réseau à Paris.Et vos projets d’avenir ?
Sur le site, nous optimisons des fonctions régulièrement, mais on ne peut pas tout révolutionner constamment. Il faut laisser le temps aux gens de prendre les fonctions en main. A chaque changement, on risque de perdre des utilisateurs. On aimerait une application sur mobiles, mais pas une copie du site. Nous voulons des fonctions qui ont un intérêt pragmatique, pour trouver une réponse à tout moment quand on se pose une question.