Accueil » Actu Hi-Tech » Articles de la semaine

Les géants d’Internet


Retour sur la « bulle Internet »
Publié le 22/06/2012, par Isabelle Boucq
   
|
Rappelez-vous quand les premières « dot com » sont apparues dans les années 90. C’était la ruée vers l’or et le far west, tout en un. Google, Amazon, eBay, ces sociétés font partie de notre vie quotidienne.
Dans les années 90, Internet sort de la confidentialité comme nous l’avons raconté précédemment (Suivre ce lien). Dans la Silicon Valley, c’est une période d’intense frénésie si bien que la période 1995-2000 est connue sous le nom de bulle Internet. Les sociétés « dot com » (« point com » en français) attirent les investisseurs qui leur apportent les fonds pour se lancer sur des marchés à prendre. Avec le recul, on se rend compte que beaucoup de ces startups n’avaient pas de business plan sérieux, simplement une idée et l’espoir de conquérir un marché avant les concurrents à coup de gros investissements. Mais qui dit bulle, dit éclatement de la bulle. La redescente sur terre se produit en 2000-2001. Certaines compagnies ont survécu, d’autres ont disparu.


Les gagnants



Les sociétés qui ont survécu à l’éclatement de la bulle sont devenues des incontournables que des millions d’internautes utilisent tous les jours. Voici l’histoire des plus connues dans l’ordre de leur création.


Amazon, le e-commerce défini




Lancé en 1995 à Seattle, Amazon est un des rares géants d’Internet qui n’est pas né dans la Silicon Valley. L’ambition de Jeff Bezos est au départ de devenir la plus grande librairie au monde. Là où une librairie traditionnelle (brick and mortar selon l’expression qu’on invente alors pour décrire les commerces qui ont une présence physique) peut offrir quelques milliers de livre, Amazon peut proposer un catalogue beaucoup plus vaste. On raconte que Jeff Bezos a pris le dictionnaire pour chercher un nom commençant par un « A » pour gagner au jeu des classements alphabétiques. Amazon lui a semblé symboliser son ambition de devenir la plus grande librairie du monde à l’image du fleuve. Sa société ne deviendra pas profitable avant 2001, mais ses efforts ont finalement payé. En plus de livres physiques et électroniques, le site vend aujourd’hui un peu de tout (jeux, bijoux, meubles,…). La société a aussi lancé sa propre liseuse électronique, le Kindle, et se positionne en tant qu’acteur du cloud computing.



Google, un verbe à part entière




Aujourd’hui inévitable, Google a commencé à Stanford en 1996 comme un projet de thèse pour Larry Page et Sergey Brin. Dès le départ, la recherche porte sur les liens entre les pages. En septembre 1997, les deux fondateurs enregistrent le nom de domaine Google.com et, un an plus tard, ils forment leur compagnie, Google Inc. dans le garage d’un ami à Menlo Park (le mythe du garage a la vie dure depuis Hewlett-Packard et Apple). Après plusieurs déménagements dans la région à cause de sa croissance exponentielle, Google s’installe sur son actuel campus, le « Googleplex » au 1600 Amphitheatre Parkway à Mountain View en 2003. En anglais, « to google » devient un verbe signifiant faire une recherche sur Internet. Depuis, Google n’a cessé d’étendre sa présence dans la vie des internautes : email et suite bureautique en ligne, cartes, le navigateur Chrome, le réseau social Google+ ou encore YouTube grâce à un de ses nombreux rachats. Il suffit de voir la liste des produits Google pour comprendre qu’on se promène rarement sur la toile sans passer par Google. Au fait, le nom Google serait une déformation du mot « googol » (le nombre 1 suivi par 100 zéros) pour signifier que le moteur de recherche pouvait extraire de grandes quantités d’informations.

Voici la page d'acceuil de Google en 1998 !




eBay, une place de marché planétaire




C’est en septembre 1995 que Pierre Omidyar lance eBay….dans son salon pour changer un peu. Pierre est né en France de parents iraniens émigrés aux Etats-Unis quand il était enfant. Son idée est d’ouvrir une place de marché pour que les particuliers puissent se vendre entre eux, au début uniquement aux enchères, des biens de toutes sortes. Le premier objet mis en ligne est un pointeur laser cassé que quelqu’un achète immédiatement à la grande surprise du fondateur qui faisait un essai. Le jeune entrepreneur nomme d’abord son site AuctionWeb, puis ebay pour Echo Bay du nom de sa société de consultant à l’époque. Dès 1996, la société gagne de l’argent, ce qui n’est pas si commun à l’époque. Pierre Omidyar met rapidement la femme d’affaires Meg Whitman aux commandes pour rationnaliser la compagnie. Le business s’envole. On n’échange plus uniquement des petits objets comme les dispenseurs de Pez (la légende veut que ce soit pour aider sa fiancée à collectionner ces petits objets qu’il ait lancé le site, une histoire qu’il qualifie de « romancée »). Aujourd’hui, des commerces et de grosses sociétés vendent aussi sur eBay où on peut trouver littéralement de tout : un rein (illégal), un vieux chewing gum de Britney Spears (dégoûtant et invérifiable), la crypte voisine de celle Marilyn Monroe (4,6 millions de dollars),…




YouTube, la preuve par la vidéo




Pour ce site devenu une icône du Web, on fait un saut dans les années 2000. C’est en 2005 que trois anciens employés du service de paiement en ligne PayPal, Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, lancent leur site de partage de vidéo dans un petit bureau installé… dans un garage. La première vidéo mise en ligne en avril 2005 montre Jawed Karim devant les éléphants du zoo de San Diego. Elle ne dure que 18 secondes et ne présente absolument aucun intérêt. Mais YouTube prend comme un feu de paille : un an plus tard, le site comptabilise chaque jour 100 millions de vues et 65 000 nouvelles vidéos. Du coup, en octobre 2006, Google annonce qu’il rachète la jeune pousse pour 1,65 milliards de dollars. Un conte de fée version Internet. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement des particuliers qui mettent en ligne leurs vidéos personnelles, mais aussi des créateurs de contenus professionnels. Certaines vidéos attirent des millions d’internautes. Le record actuel va à Charlie et sa fameuse morsure (Charlie bit my finger) avec 450 millions de vues.

Voici la première vidéo postée sur Youtube, elle date de 2005 !




Les perdants



Pour chaque succès, il y a une histoire de startup qui a échoué. Pas par manque d’argent souvent car les fonds coulaient à fond, mais par manque de marché, par manque de vision ou à cause d’une compétition forcenée qui ne laissait pas la place à deux acteurs.



Pets.com à la niche



Ce site ciblant les propriétaires d’animaux de compagnie est un des échecs les plus cuisants de la bulle Internet, un symbole de la folie d’une époque. Fondée en août 1998, la compagnie a mis la clé sous la porte en novembre 2000. On estime que les investissements qui se sont envolés en fumée étaient de 300 millions de dollars. Campagne marketing retentissante (dont une pub dans le très coûteux match de football américain de la Super Bowl), mais des pertes sur chaque vente. Ca ne pardonne pas.







Webvan, l’épicier raté



Equivalent américain de Telemarket et Houra, Webvan promettait de livrer les courses à domicile dans une fenêtre de 30 minutes choisie par le client. Au sommet de son existence, Webvan couvrait 10 grandes villes américaines et avait attiré des financements de plusieurs capitaux-risqueurs et de Yahoo. Mais l’importance de l’infrastructure à mettre en place (entrepôts, camions, personnel,…) a eu raison de l’entreprise dont le management n’avait, par ailleurs, aucune expérience dans la grande distribution et les supermarchés. Lancé en 1999, le site s’est déclaré en banqueroute en 2001 et a licencié 2 000 personnes. En 2008, avec le recul, le site CNET a déclaré que la faillite de Webvan était le plus gros échec de la bulle !



< 1 >

| 1 | 2 |
ACCÈS direct