ARTICLE DE LA SEMAINE 

Les jeunes designers imaginent notre futur numérique


Prospective numérique (II)

 Informer un(e) ami(e)

Publié le 01/10/2009, par Isabelle Boucq
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Dans le cadre de son grand rassemblement de développeurs à San Francisco, Intel avait invité plusieurs écoles dont les étudiants ont des idées originales sur notre vie connectée. Leurs idées sont des prototypes, mais donnent peut-être un aperçu du futur. Petit tour d’horizon.

EiO aide les parents qui travaillent à communiquer avec leurs enfants



(Sam Staar, California College of the Arts, Etats-Unis)

Constatant que beaucoup de parents travaillent et passent à côté de merveilleux moments dans la vie de leurs enfants, Sam Staar a imaginé un robot qui permettrait de conserver une connexion malgré la distance. Le nom de ce projet s’inspire de la chanson pour enfants « Vieux McDonald avait une ferme ». A la maison avec sa nourrice, l’enfant est accompagné d’un petit robot qui peut la suivre et transmettre des images aux parents via sa caméra intégrée. Papa peut admirer le dernier dessin de sa fille en direct ou assister à distance au repas de son fils qui sera endormi à son retour. « On peut aussi imaginer d’autres utilisations comme l’envoi d’un SMS si l’enfant franchit un certain périmètre ou un avertissement sur le temps passé devant la télé », avance Sam Staar. On peut objecter que EiO ressemble à du flicage d’enfant, mais quel parent n’a jamais eu un pincement au cœur en pensant à ce qui se passait à la maison ou à la crèche en son absence ?



Betterhood renforce les liens de voisinage



(John Douglass, Jacob Milam et Chris Morrell, Georgia Tech, Etats-Unis)

« En pleine récession économique, ce serait sympa de partager nos ressources avec nos voisins et de revitaliser les quartiers », postule John Douglass, un des membres de l’équipe de Betterhood. Cette application pour téléphone mobile s’apparente à une version électronique d’un journal de quartier où les inscrits pourraient afficher des événements, des petites annonces ou toute information susceptible d’intéresser leurs voisins. Développée sous le système Android de Google, l’application serait utilisable dans un rayon bien déterminé et ferait l’objet de mesures de sécurité pour éviter les intrus malintentionnés. Une rubrique « I have » et « I want » permettrait de faire du troc entre voisins.

www.thebetterhood.com




Bloom matérialise nos comportements écologiques



(Christopher Tuyay, UCLA, Etats-Unis)

Avec les trois projets du département Design/Media Arts à UCLA, on aborde un art numérique imprégné de conscience sociale. Bloom est une installation de fleurs artificielles qui réagissent aux conditions environnementales. Envisagé comme une installation d’art où les visiteurs-jardiniers peuvent s’occuper des plantes à l’aide de gants spéciaux, Bloom peut aussi prendre un virage personnel si le visiteur choisit d’emporter une fleur avec lui. Après avoir personnalisé sa fleur via son téléphone portable pour refléter son style de vie (type de voiture, déplacements,..), il la verra s’épanouir ou dépérir en fonction de ses choix.

www.christophertuyaydesigns.com/bloom.html





Im.pulse illumine les voyages en métro



(Ashley Brown et Laurel Bybee, UCLA, Etats-Unis)

Si vous utilisez les transports en commun matin et soir, ce projet ne peut pas vous laisser indifférente. Dans le métro ou le bus, les voyageurs agrippent des barres équipées de capteurs qui enregistrent leur rythme cardiaque et transforment l’information en différentes intensités de bleu grâce à des diodes LED. Ce feedback optique donne une indication de l’atmosphère qui règne dans différentes parties du véhicule. « L’idée est de nous sortir un instant de notre tête pour ressentir les choses avec notre corps », expliquent les deux étudiantes. « En plus, la lumière peut vous aider à choisir dans quelle section vous asseoir en fonction de l’atmosphère. Pour créer un dialogue, on pourrait ajouter des vidéos filmées dans d’autres endroits équipés autour du monde. »

www.impulsecircuit.com


Load this site compatit avec les Américains expulsés de leur maison



(Leigh Anne Abiouness, UCLA, Etats-Unis)

Aux Etats-Unis, les maisons saisies par les banques pour défaut de paiement sont un drame quotidien qui touche des millions de personnes. Leigh Anne Abiouness aimerait que ces maisons et leurs anciens propriétaires racontent leur histoire afin que chacun prenne conscience de cette tragédie. Elle s’inspire d’un mouvement artistique qui prend possession de sites industriels abandonnés tels que des mines ou d’anciennes bases militaires en les couvrant d’œuvres d’art. Sur son smartphone, l’utilisateur visualise les maisons participantes dans un quartier et se rend sur place. Sur la maison, un code bar qu’on prend en photo avec le téléphone renvoie à l’histoire enregistrée par les anciens propriétaires. Dans l’esprit communautaire, tout un chacun pourrait ajouter ses propres photos et commentaires.

www.loadthissite.mobi


Tate aide les jeunes hyperbranchés à se faire des copains IRL*



(Jasper Hartlong, Bruno Scheele et Casper Van Huisstede, Delft University of Technology, Pays-Bas)

In Real Life/Dans la vraie vie : voilà une idée que les concepteurs de Tate n’aimeraient pas perdre de vue. Cette équipe venue des Pays-Bas pour participer à la Design Expo d’Intel estime que l’utilisation intensive des réseaux sociaux en ligne ne facilite pas la tâche des jeunes internautes pour se faire des amis dans la vraie vie. Au contraire ! Le Tate s’adresse particulièrement aux pré-ados plongés dans l’univers plus rude du collège. Ce gadget à porter au poignet ou autour du cou leur permet d’identifier d’autres propriétaires de Tate à proximité et de les rencontrer. Mais ensuite, la communication doit se faire à l’ancienne. Par contre leurs avatars muent au fil des rencontres, d’où son surnom Tate, the social mutator. Côté technologie, le Tate utilise ZigBee, un nouveau protocole de communication radio idéal pour les transmissions de proximité.

http://mytate.com


« Nuisance Machines » et « Expression Dispatcher» nous poussent à réfléchir



(Andrew Friend, Royal College of Art, Grande-Bretagne)
(Geraldo Rallo, Royal College of Art, Grande-Bretagne)

“A travers une expérience partagée, je veux faire réfléchir les gens sur le formatage de l’espace et sur le fait que l’information que nous recevons nous influence », explique Andrew Friend, le concepteur de « Nuisance Machines ». Ces machines « énervantes » sont tout à fait étranges. Un appareil qui asperge les passants de quelques gouttes d’encre rouge, un dispositif installé dans un couloir qui nous donne un petit coup au passage ou encore un pied de table qui se met à chuchoter pendant une réunion. « Tous ces événements amènent de petits réseaux sociaux à se créer par hasard autour d’une expérience commune », continue Andrew Friend, un ami qui nous veut sans doute du bien en nous interrogeant ainsi sur le sens des relations humaines.

Le projet de son collègue Geraldo Rallo au Royal College of Art est encore plus insolite. « Expression Dispatcher » consiste à s’affubler d’un énorme écran/casque pour se cacher le visage. « Ainsi, les gens peuvent être plus à l’aise au lieu de penser tout le moment à l’impression qu’ils donnent aux autres », explique cet étudiant originaire de Barcelone. Sur l’écran, s’affiche une expression toute simple sous la forme d’un smiley. « On peut se faire accompagner d’un expert en interaction sociale qui vous aide à trouver la bonne expression. » D’accord…c’est de l’art.

www.andrewfriend.co.uk
www.ideesabsurdes.net


Dungeon Master brouille jeu vidéo et réalité



(Taiyoung Ryu, Anupam Nath et Dheeraj Kota, University of Southern California, Etats-Unis)

Dungeon Master est un jeu vidéo classique de type Resident Evil sur téléphone portable, à cela prêt qu’il intègre des informations disséminées dans l’environnement du joueur. Dans ce cas, les codes barres se cachent dans le bâtiment qui abrite l’Ecole d’Arts Cinématiques à l’Université de Southern California à Los Angeles. Le déroulement du jeu exige que le joueur récupère ces informations à l’aide de la caméra de son smartphone pour avancer et réussir ses missions. C’est ce qu’on appelle un jeu en réalité alternée. Il existe d’autres expériences comme Mscape sorti des labos de HP. Un concept très séduisant et certainement appelé à se développer…



En conclusion, il fait bon savoir que les jeunes designers sont attachés au concept de lien social dans la famille, dans le quartier, dans les transports en commun, entre les jeunes hyper-connectés. La crise est passée par là et leurs applications ont aussi envie de nous aider à consommer autrement grâce au troc ou à réfléchir aux priorités de notre société.

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