Cette forme de vidéo musicale n’aurait jamais connu cet essor sans YouTube. Le mot est apparu en 2006 et le concept se décline à l’infini.
Une petite définition pour commencer. Un Lip Dub est une combinaison, un mashup comme on disait à une époque. On filme une vidéo, souvent en une seule séquence, d’une foule en train de faire du playback sur une chanson, avec gestes, pas de danse et sentiments. Là-dessus, on synchronise l’audio de la chanson dans sa version d’origine. D’où le Lip pour « lip synching » et Dub pour « audio dubbing ». Il suffit de quelques amis, d’une caméra vidéo, d’un logiciel de montage et de beaucoup de coordination pour parvenir à une séquence fluide sans coupe. Mais, comme on le verra, certains Lip Dub peuvent devenir très sophistiqués.
Selon Wikipedia, on devrait le terme à Jake Lodwick, un des fondateurs du site de vidéo Vimeo, qui aurait inventé le mot en décembre 2006 après avoir créé sa première vidéo du genre. Depuis des universités, des compagnies, des villes, des amoureux se sont mis au lip dubbing.
Endless Dream, l’original
La première lip dub est assez crue et sommaire. D’une part, on a l’impression que Jake Lodwick s’est filmé lui-même ce qui donne un gros plan un peu claustrophobe. Ensuite, il est seul dans la vidéo. Enfin, il chante une chanson d’un groupe new-yorkais peu connu, Apes & Androids, ce qui est moins entrainement qu’un hit international. Mais, s’il est bien le premier à avoir tenté cette expérience, on se demande comment lui est venue l’idée !
Flagpole sitta, premier lip dub collectif
Toujours dans la mouvance de Vimeo (certains des participants travaillaient pour la société new-yorkaise qui, après tout, avait tout intérêt à inventer un nouveau type de vidéo participative), cette vidéo ajoute l’effet de groupe. On est plus proche du lip dub tel qu’on le conçoit aujourd’hui. Mais en plus, la bande de copains en fait une petite annonce de recrutement pour leur boite !
I gotta feeling, le plus célèbre lip dub universitaire
En 2009, l’Université du Québec à Montréal s’empare du concept quand 172 étudiants en communication réalisent, en 2h15 seulement, cette vidéo sur la chanson populaire des Black Eyed Peas. Au final, plus de 10 millions de vues sur YouTube. Un tube et une masse de participants, le lip dub évolue et lance une mode sur les campus. Si vous voulez rentrer dans les coulisses du tournage d’un lip dub, les étudiants ont un Making Of en ligne. Les étudiants affirment avoir réalisé la vidéo pour environ 200 dollars canadiens. Parmi les autres lip dubs universitaires, Hey Soul Sister de l’Université de Vic en Catalogne ou Viva la Vida de Coldplay par la Sorbonne.
Grand Rapids, le plus citoyen
Le magazine Newsweek traite Grand Rapids au Michigan de « ville mourante ». Les citoyens et les business locaux répondent avec cette vidéo à laquelle participent 5 000 personnes. Le budget, pris en charge par des sponsors, est plus lourd : 40 000 dollars pour des footballeurs américains, des pompiers et même des feux d’artifice. Et pourtant la moitié des vues sur YouTube que la vidéo plus amateur des Québécois.
Catalogne, le plus politique
En plus de porter un message pro-indépendence pacifique, cette vidéo est apparemment, et à ce jour encore, le plus grand lip dub avec 5 770 personnes. Un peu moins réussi dans le genre politique, le lip dub de l’UMP en 2009 qui faudra aux jeunes UMP quelques commentaires acerbes.
McGill, un lip dub pour la recherche sur le cancer
Sur la chanson Dynamite de Taio Cruz, les chercheurs de cette autre université canadienne mettent en avant leurs travaux et reçoivent une donation chaque fois qu’un internaute clique sur leur vidéo. Maline, cette vidéo dépoussière aussi l’image de la science.
Le plus romantique
On vous en a déjà parlé cette semaine. La sensation du moment est le lip dub d’un Américain en guise de proposition de mariage. On vous prévient, les 13 millions d’internautes qui l’ont regardée depuis fin mai ont tendance à avoir la larme à l’œil à la fin.