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Rencontre avec Tris Acatrinei, fondatrice de Hackersrepublic.org


« Je suis une sorte d’OVNI »
Publié le 25/07/2012, par Stéphanie Chaptal
   
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Non le hacking informatique n’est pas synonyme de piratage et non, il n’est pas une activité réservée aux hommes. La preuve avec Tris Acatrinei, fondatrice de Hackersrepublic.org.
Le hacking informatique n’est pas synonyme de piratage. Il n’est pas non plus une activité réservée aux hommes. La preuve avec Tris Acatrinei, community manager dans le civil, mais également passionnée de hacking et fondatrice de Hackersrépublic.org. Nous l’avons croisée lors de la Nuit du Hack 2012 où sa conférence sur la sécurité des smartphones a été très remarquée.


Compagnon-parfait : Au milieu de tous ces hackers, comment te définis-tu ?



Tris Acatrinei : Je suis une sorte d’OVNI. Malgré les apparences, je n’ai pas commencé à bricoler hier. Avant, j’avais un blog, Crise de foi (depuis disparu complètement de la Toile) dans lequel je parlais de pas mal de choses et notamment l’hacktivisme humanitaire, ou comment mettre au service de bonnes causes des outils réservés aux hackers. J’en ai fait le tour et j’ai eu envie de faire autre chose, de porter un projet. Une interface entre des gens comme Sebdraven, expert en sécurité informatique (NDLR : son site est visible ) et ma copine Charlotte, curieuse de comprendre mais qui n’a pas les bases en informatiques. J’ai alors créé Hackersrepublic.org . Pour l’instant, c’est une version bêta mais à terme j’ai espoir que les bidouilleurs et les non-bidouilleurs se rencontrent là et y travaillent ensemble.




Compagnon-parfait : Pourquoi créer ce site ?



Tris Acatrinei : J’ai crée ce site, mais il est ouvert aux autres. Les gens qui veulent écrire dessus peuvent venir me voir. C’est un carrefour. Ils faut que ces gens se rencontrent. C’est quand on est une grande équipe avec beaucoup de compétences que l’on construit quelque chose de durable.


Compagnon-Parfait : Comment t’es-tu intéressée à l’informatique ?



Tris Acatrinei : Je crois que c’était en 4e en cours de techno. Quand on a parlé d’informatique, c’est le seul moment où j’ai eu 20/20. J’étais à l’aise dans la matière, je m’étais trouvée ma petite place. J’ai fait ensuite des études littéraires, et j’ai continué dans mon coin à me documenter et à lire ce qu’il se faisait. Pendant longtemps, j’étais dans ma coquille. Puis en discutant avec différentes personnes, dont Nicolas Brulez (consultant sécurité de Kaspersky), je me suis lancée. J’ai voulu montrer que les hackers informatiques ne sont pas des pirates, et qu’au contraire ils peuvent être utiles aux entreprises. Mais cela veut dire qu’elles doivent mettre le prix pour ça. Et ne pas se focaliser sur les diplômes. Ce n’est pas parce que tu as des diplômes que tu es compétent. La sécurité informatique, c’est aussi un art.


Compagnon-Parfait : Quels sont tes domaines d’intérêt ?



Tris Acatrinei : Tout ce qui touche aux téléphones portables et à la mobilité, l’ingéniérie sociale et les failles du Web applicatif, notamment les faux logiciels. Je m’y suis intéressée avec le projet de loi Loppsi , qui m’a intriguée aussi bien en tant que juriste qu’en tant que technicienne. Je suis tombée dedans et depuis je n’en suis pas sortie.

Compagnon-Parfait : Comment tu es vue par tes collègues, majoritairement masculins ?



Tris Acatrinei : La question du sexe, on s’en fiche. Sur Internet, personne ne sait que tu es un chien ! Et ce n’est pas parce que les filles font peut être moins de buzz en sécurité informatique qu’elles n’existent pas, au contraire. Personnellement je me considère comme une débutante et ils me voient comme ça tout va bien. Certains sont bienveillants, d’autres plus secs.



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