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Teeniz : pour des jeunes Français plus anglophones


Rencontre avec les deux créatrices
Publié le 06/10/2011, par Isabelle Boucq
   
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Elsa Prieto et Soiny Duval se sont rencontrées à l’école des Gobelins. Depuis quelques mois, elles ont intégré le Camping, un incubateur de start-ups hébergé dans les anciens locaux de la Bourse à Paris. Elles travaillent d’arrache-pied sur un jeu qui donnera aux 8-10 ans une bonne raison de pratiquer l’anglais. Rencontre


Elsa est développeuse, Soiny est graphiste. C’est au sein d’une formation en alternance de deux ans aux Gobelins qu’elles se rencontrent et travaillent ensemble pour la première fois. Cette école dédiée à l’image et au multimédia est très réputée. Simple projet d’école qui n’a pas vocation à se concrétiser, cette première collaboration est un jeu éducatif qui immerge les collégiens dans l’histoire. L’expérience est formatrice : elles apprennent à bien se connaître et comprennent aussi que, malgré leur jeunesse (Elsa a 24 ans et Soiny 23 ans), elles ne doivent pas se fier à leurs propres impressions. Il faut confronter leurs idées aux goûts et aux besoins des enfants et des enseignants.


Pour leur deuxième projet d’école, les deux comparses s’intéressent de nouveau au multimédia pédagogique. Mais leurs études terminées en juin 2010, elles n’abandonnent pas Teeniz , un jeu qui cherche à rendre les jeunes Français (et Européens en général) plus à l’aise pour parler anglais. Nous les avons débauchées de leur travail au sein du Camping pour une interview.




Comment vous est venue l’idée de Teeniz ?



De notre expérience personnelle avec des étudiants néerlandais qui sont venus aux Gobelins. Ils avaient une vraie aisance pour parler anglais. Pourquoi après 9 ans d’anglais, n’étions-nous pas capables de tenir une conversation ? Nous avons rencontré un chercheur qui nous a dit que, vers 10 ans, les enfants ont une capacité naturelle à apprendre une nouvelle langue. Il y a une plasticité du cerveau, de la bouche, de l’oreille. Le constat est qu’il faut travailler l’oral. Mais les programmes pédagogiques qui existent sont austères et pas motivants.
Notre idée était d’aller vers le jeu vidéo. Il y a des plateformes pour les enfants sur d’autres matières comme Simply-Land, Club Penguin , BayardKids et Mondo Kiddo pour l’anglais via des jeux par email. Mais sur l’anglais oral, il n’y a rien !



Comment vous êtes-vous attaquées au projet de développer Teeniz ?



A ce stade, nous avons un prototype, une preuve de concept. Après être sorties de l’école, nous avons passé 6 mois à l’étranger à travailler sur un jeu pour les enfants néerlandais. Maintenant, nous sommes au Camping pour travailler sur le projet. Nous sommes retournées en phase de production pour revoir la structure de notre jeu. Le but est d’avoir une bêta privée dans trois mois. Nous travaillons déjà en collaboration avec une école dans le 13e arrondissement.


Que font les enfants avec Teeniz ?



Nous disons que Teeniz est pour les 8-11 ans, mais en fait ce n’est pas seulement une question d’âge. Il faut avoir une base en anglais. Le jeu les fait baigner dans l’anglais. Nous avons choisi un accent américain de base. Un moteur de reconnaissance vocale reconnaît ce que dit l’enfant dans les activités de compréhension orale et de prononciation. Ca se complexifie au fil du jeu, du mot à la phrase. L’enfant a un retour : a-t-il répondu la bonne chose ? Est-ce bien prononcé ? Teeniz sera une application à télécharger sur PC et sur Mac. Il ne sera pas en ligne car le moteur de reconnaissance vocale est lourd. On réfléchit aussi à une déclinaison sur iPad.



Parlez-nous du Camping ?



C’est la deuxième année que l’incubateur fonctionne. Nous étions 120 au départ pour 12 projets retenus. Nous avons passé trois phases de sélection : un questionnaire avec une vidéo d’une minute en anglais, un entretien en anglais sur Skype, puis un entretien sur place. Notre projet a une dimension assez forte d’essayer de s’étendre dans le reste du monde. Nous correspondions bien. Depuis trois semaines, nous avons commencé au Camping. C’est un grand open space avec des tables de travail, un coin cuisine, un coin détente. L’intérêt est qu’on est suivi par l’équipe du Camping.



Comment fonctionne cet accompagnement ?



Les mentors sont des experts dans un domaine particulier avec des interventions régulières. On a une famille de mentors pour un suivi plus spécifique. Le but au Camping est aussi de lever des fonds. Le 9 décembre aura lieu Demo Day pour présenter nos projets à des investisseurs. On reste 6 mois dans le Camping. On reçoit une bourse de 4 500 euros pour le projet et on a accès à un réseau.


Sur quoi travaillent vos voisins dans l’incubateur ?



Il y un peu de tout : un site pour regrouper toutes ses photos en un seul endroit, une innovation dans le dating, une application pour élaborer des recettes à partir de listes de courses, un outil de Networking, un Wikipédia des chiffres, du paiement mobile. Nous aimons bien un jeu qui s’appuie sur la vraie vie en donnant des défis à réaliser et des points basés sur nos actions.



Quelles sont les joies et les difficultés de travailler sur Teeniz ?



Nous rencontrons des parents, des enfants, des enseignants. On sent un intérêt. Nous avons exposé dans des festivals et des salons comme Futur en Seine à Paris, mais aussi à Los Angeles, à Seattle, en Corée. Nous avons été finalistes du Adobe Design Achievement Award . Le frein est qu’il faut jongler entre produire des choses qui peuvent être utilisées et les tester auprès des enfants. Après la bêta, nous rencontrerons des illustrateurs et des animateurs. Nous avons besoin d’eux, mais nous n’avons pas d’argent. Il faut les embarquer dans l’aventure. Nous sommes motivées, c’est le challenge de créer un projet et de convaincre qu’il va rapporter de l’argent. Ce n’est pas quelque chose auquel nous avions été confrontées dans notre parcours. Le business plan n’est pas fixé, mais l’idée est d’avoir une version gratuite et une version payante avec abonnement.


Et votre utilisation personnelle ?



On est des geekettes. C’est notre outil de travail et nous sommes des consommatrices. Nous ne sommes pas trop tablettes, mais ordinateurs et smartphones bien sûr. Sur iPhone, Soiny joue à Angry Birds, aux Stroumpfs. Elsa est rangée des jeux !




Pour être informé de la suite du projet



Les parents et les enfants curieux du projet peuvent laisser leur email sur le site . Ils peuvent aussi répondre à un questionnaire sur leur intérêt pour des produits pédagogiques en anglais. Il y a un questionnaire pour les parents et un questionnaire pour les enfants .




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