Teens in Tech
Dénicher le successeur de Bill Gates
Publié le 26/02/2010, par Isabelle Boucq
A la recherche du prochain Bill Gates ou Mark Zuckenberg dans une foule de jeunes ados technophiles réunis dans les bureaux de Google à San Francisco.Pour sa deuxième édition, la conférence Teens in Tech a réuni, début février à San Francisco, 150 participants dont une majorité de jeunes passionnés de technologies et d’entrepreneurs en herbe. La conférence est l’idée de Daniel Brusilovsky qui est aussi fondateur d’un site éponyme qui permet aux ados de créer facilement un blog. Quelques jours avant la conférence, ce jeune homme de 17 ans s’est retrouvé au cœur d’un scandale après avoir été congédié de son poste d’interne pour le très influent blog TechCrunch pour avoir apparemment réclamé à une entreprise un cadeau en échange d’un article. Après s’être fait gronder très publiquement par Michael Arrington, le fondateur de TechCrunch, Daniel Brusilovsky a bravement pris la parole devant une audience au courant de tous les détails de l’affaire. Dans la Silicon Valley, on prend une claque et on repart…Le premier intervenant est un des meilleurs. A 19 ans, Danny Trinh a déjà une belle expérience derrière lui et ses conseils sont concrets. Danny vient d’entrer à l’université après avoir travaillé comme designer chez Digg, le site de recommandations de contenus. « C’est ma dernière année en tant que teen », plaisante-t-il. « Votre plus gros avantage est que le web est une méritocratie, ne jouez pas la carte de l’âge », conseille-t-il aux participants. Il les encourage à trouver un mentor et à suivre le travail des meilleurs dans leur domaine. C’est ainsi qu’il a décroché son job chez Digg.Le sujet de l’université est une préoccupation fréquente pour ces jeunes plein d’énergie et d’idées. Pour beaucoup, passer quatre ans à l’université semble trop ennuyeux surtout quand on cite les exemples de Bill Gates ou d’autres entrepreneurs connus qui n’ont pas de diplômes universitaires en poche. «Tous ces entrepreneurs qui n’ont pas fini l’université, ils y sont allés. Oui, vous devriez aller à l’université», exhorte Danny Trinh.Un autre intervenant prend la parole, affublé d’un costume futuriste pour symboliser ses énormes espoirs dans les technologies qui pointent le bout de leur nez. A 21 ans, Joey Primiani a aussi de la bouteille. Il a créé sa première société Internet à 8 ans et a travaillé chez Yahoo et Google où il a contribué en particulier au développement de iGoogle, la page personnalisable. Sa dernière startup s’appelle Palaran et vient de lever un million de dollars.Olivier François écoute les intervenants avec attention. Il a fait le voyage de Vancouver à San Francisco pour assister à la conférence. A 17 ans, il affirme qu’il a déjà levé deux millions de dollars pour développer un service qui permet de téléphoner gratuitement sur un portable en s’appuyant sur la technologie de la voix sur Internet ou voix sur IP. Il espère lancer son produit d’ici quelques semaines.«Je veux donner aux gens le droit de se parler gratuitement en utilisant le Wi-Fi. Pour l’instant, le service est légal au Canada et en Chine», explique ce jeune homme à l’air poupin qui travaille avec des développeurs en Inde. «C’est une surprise de voir qu’il y autant d’adolescents passionnés», constate le jeune entrepreneur canadien. Mais la conférence n’a pas attiré que des jeunes. Un participant est assailli de fans à chaque pause : Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple, est là avec sa femme. 
Woz, l’inventeur de l’Apple I et un fan d’informatique dès le plus jeune âge, écoute avec attention les intervenants. « Les ados ont des outils qui leur ont ouvert la créativité. Ils mettent des choses sur le web, d’autres jeunes répondent, ils partagent des expériences », résume-t-il avec enthousiasme. «Le plus passionnant, c’est que des ados peuvent lancer des entreprises dans le logiciel, les jeux ou la musique, en dehors des grosses compagnies. Si c’est bon, cela retient l’attention.»Pour ces jeunes entrepreneurs, la bénédiction d’une légende comme Steve Wozniak est un don du ciel. Olivier François repart avec la carte de visite du Woz qui lui a laissé entrevoir que son service pourrait être intéressant pour l’iPad, la tablette récemment annoncée par Apple.L’assistance n’est pas uniquement composée de jeunes entrepreneurs, mais aussi d’utilisateurs passionnés. Heather Davies a 16 ans et habite à Berkeley. « J’aime les maths et les sciences et le web est un outil pour aller au-delà des cours », explique-t-elle. « Je pense que les ados innovent dans beaucoup de technologies et qu’ils peuvent aider le monde. »C’est aussi l’opinion de Shreya Indukuri et de Daniela Lapidous, deux lycéennes de San Jose qui ont aidé leur établissement à faire des économies d’énergie en installant des compteurs intelligents après avoir pris conscience des enjeux du réchauffement climatique. « Notre objectif est d’avoir dix écoles prêtes d’ici le 1er septembre », expliquent les deux jeunes filles. « Nous allons organiser un défi entre les écoles sur Facebook et Twitter. » Ces réseaux sociaux sont une seconde nature pour les participants qui, pendant toute la conférence, ne cessent de mettre à jour leurs statuts pour partager ce qu’ils entendent. Par contre, les filles sont une minorité dans la salle…Le marché des jeunes adeptes de technologies est évidemment juteux et attire les entreprises. Ainsi un des invités à Teens in Tech était la chaine de magasins Best Buy qui vend toute une gamme de produits électroniques et informatiques. La chaine vient de lancer un nouveau programme en direction de ces jeunes clients, @15. L’idée est de les aider à s’exprimer et à changer le monde grâce à la technologie. L’assistance semble bailler un peu pendant la présentation…Alex Nichols, partenaire de Daniel Brusilovsky dans la startup Teens in Tech et consultant en informatique depuis l’âge de 11 ans, est catégorique. « Tout le monde est sur un pied d’égalité et peut créer une entreprise. Grâce aux média sociaux, il n’y a jamais eu de meilleur moment pour les adolescents-entrepreneurs. » Certes, mais jongler avec une startup et des horaires de lycéen n’est pas facile et plusieurs participants avouent que leur sommeil et leur vie sociale en souffrent.